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Récits de fraude véridiques
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Que feriez-vous si quelqu’un que vous ne connaissez pas contrefaisait votre signature, obtenait une quittance de votre hypothèque existante, contractait un nouveau prêt hypothécaire de près de 300 000 $, empochait l’argent, ne faisait aucun versement hypothécaire et disparaissait?
Posez la question à Susan Lawrence. Au cours de ses démarches pour vendre sa maison, un peu plus tôt cette année, cette femme de la région de Toronto a découvert qu’elle avait été victime d’une fraude liée au titre de sa propriété. Elle venait ainsi d’ajouter son nom à la liste, de plus en plus longue, des Canadiens ayant été victimes d’une fraude immobilière.
Nous avons rencontré Susan afin qu’elle nous raconte son expérience.
Q. Comment avez-vous découvert que quelque chose n’allait pas?
A. Ayant mis ma maison en vente, je suis allée à la banque pour discuter de mon prêt hypothécaire et on m’a dit que ce prêt n’existait plus. Une quittance de mon hypothèque avait été obtenue sans que j’en sois informée.
Q. Quelle a été votre réaction lorsque vous vous êtes rendu compte que vous aviez été victime d’une fraude?
A. Je n’arrivais pas à le croire. J’avais entendu parler des fraudes hypothécaires et immobilières, mais je n’ai jamais pensé que cela pourrait m’arriver.
Q. Qu’est-il arrivé exactement?
A. Je crois que tout a commencé lorsqu’une pancarte « À vendre » a été plantée devant la maison. Les fraudeurs ont sans doute recueilli toute l’information dont ils avaient besoin en consultant la fiche descriptive de ma propriété au Service inter-agences. Puis quelqu’un a simplement usurpé mon identité pour vendre frauduleusement ma maison. Il a obtenu une quittance en remboursant mon petit prêt hypothécaire et il en a contracté un nouveau. Les gens peuvent emprunter d’énormes sommes d’argent sans avoir à rencontrer une seule personne. De plus, il est maintenant possible d’obtenir une quantité considérable de renseignements sur les propriétaires et sur leur maison dans le système d’enregistrement foncier électronique de l’Ontario.
Q. Où en est maintenant la situation?
A. J’ai passé plusieurs nuits blanches et d’interminables heures avec mon avocat. La banque a finalement retiré son action en prise de possession, ce qui signifie que je peux continuer à habiter dans ma maison. Je peux présenter une demande d’indemnisation à la Caisse d’assurance des droits immobiliers du gouvernement de l’Ontario afin de récupérer l’argent perdu en raison de cette fraude, mais uniquement après avoir épuisé toutes les autres possibilités et avoir engagé des frais juridiques pouvant s’élever à 35 000 $.
Q. Quel conseil donneriez-vous aux gens qui possèdent une maison ou sont sur le point d’en acheter une, afin de leur éviter de vivre une telle expérience?
A. Cette expérience a été dévastatrice sur le plan émotionnel. J’aurais aimé savoir qu’une assurance titres était offerte à un prix très raisonnable, même aux gens qui possédaient déjà leur maison. Si j’avais souscrit cette assurance, je n’aurais pas eu à m’occuper de toute la procédure judiciaire ni des frais juridiques. Je conseille donc aux gens de souscrire une assurance titres et d’être extrêmement prudents à propos de leur identité. Si quelque chose leur semble louche, ils doivent le signaler immédiatement. Si je me suis retrouvée dans une telle situation, c’est que cela peut arriver à n’importe qui.